In Touch with R&C 201842
BIOTECHNOLOGIES
Dompter les algues Le RC est porteur de l ambition du Groupe dans les bios. Un des challenges à relever consiste à
diversifier la palette de ressources et technologies disponibles. Les
microalgues constituent une piste prometteuse, que Total poursuit
dans le cadre de différents projets de recherche. Décryptage de
Laurent Fourage, Project Manager Phototrophs au sein de la division Biofuels du RC et chef de projet
Bioconversion du CO 2 au sein du
programme transverse CCUS de la R&D Groupe.
G râce à la
photosynthèse,
qui utilise la
lumière solaire
comme source
d énergie et le
CO 2 comme source de carbone,
les microalgues sont capables de
convertir directement du CO 2 en
lipides, pouvant eux-mêmes être
transformés en molécules utiles
carburants, polymères, etc. à
faible empreinte carbone.
« Les avantages des microalgues
ne s arrêtent pas là, souligne
Laurent Fourage. Leur culture,
réalisée dans des bassins ou des
photobioréacteurs, ne requiert pas
de terres arables. Et les espèces
marines, qui poussent dans de l eau
de mer, ne mobilisent pas d eau
douce. »
Autant d atouts qui expliquent
l intérêt de l industrie pour
les microalgues. Total s est
intéressé au sujet dès le début
de la décennie. Aujourd hui, les
microalgues comptent parmi les
thématiques de recherche clés
de l équipe Biofuels du RC, qui se
concentre sur les espèces marines.
Les projets microalgues font partie
du programme Carbon Capture
Utilization and Storage (CCUS)
piloté par David Nevicato, au sein
de la R&D Groupe.
Même si naturellement certaines
microalgues produisent des
lipides, que des proofs of concept
ont validé la possibilité de produire
directement d autres molécules
organiques telles que de l éthanol,
du butanol ou encore de l acide
lactique à partir de microalgues
modifiées génétiquement, il reste
cependant du chemin à parcourir
avant de pouvoir exploiter le
potentiel de ces ressources. Le
challenge est maintenant d arriver
à produire des molécules à grande
échelle et à des coûts compétitifs.
Avec deux grands défis à relever :
augmenter les productivités par
hectare et par an et diviser les coûts
de production par 10.
« Pour cela, explique Laurent
Fourage, on peut agir à deux
niveaux : sur les espèces
en identifiant de nouvelles
espèces plus productives ou par
modification génétique pour
améliorer les performances
d espèces existantes et sur les
procédés de production en
développant des systèmes de
culture adaptés. Nous nous
sommes donc engagés dans
plusieurs programmes de
recherche exploratoire portant
sur ces deux axes. Conduits en
partenariats avec des acteurs
du monde de la recherche tels
que le CEA et le CNRS (France),
QIBEBT (Chine), des universités
et/ou d autres industriels (projets
AlgaePARC, projet européen
Magnificent), ils doivent nous
permettre de sélectionner les
espèces les plus performantes,
d optimiser leur biologie par
ingénierie génétique, de maîtriser
et optimiser les procédés de
production. À moyen terme, l enjeu
sera d intégrer ces deux axes et de
les valider à l échelle du pilote. »
Innovation