In Touch with R&C 201892
L I NN
OV AT
IO N
BA S-
CA RB
ON E
L e travail que nous menons à la R&D
du RC sur la conversion du CO 2
en oléfines légères éthylène,
propylène qui permettent la fabrication de
polymères entre dans un vaste programme
de recherche transverse, mené par la R&D
Groupe, sur les technologies de captage,
stockage et valorisation du CO 2 (CCUS).
La capture du CO 2 est une étape
indispensable vers le stockage et/ou la
conversion en produits d intérêts. Dans
nos usines, il serait complexe et coûteux
d ajouter aujourd hui des moyens de
capturer du CO 2 mais le développement des
matériaux et des technologies de capture
pourrait rendre ce processus plus simple
et plus économiquement viable ; nous y
travaillons.
Pour convertir du CO 2 en oléfines, deux voies
catalytiques sont aujourd hui considérées et
en cours de recherche et développement.
Dans les deux cas, il faut répondre à un
challenge de taille : le CO 2 est une molécule
qui apparaît après le dernier stade de
combustion, elle est donc totalement vide
d énergie. Il faut lui en réinjecter.
Cette énergie réinjectée doit être une
énergie avec une empreinte carbone la
plus basse possible. La conversion du
CO 2 implique donc des accès faciles à de
l énergie renouvelable à très faible empreinte
carbone, et, si possible, à faible coût !
La première voie, dite indirecte , est
une voie thermo-catalytique (activation
du catalyseur par la température) : elle
implique de commencer par transformer
Ahmed Belghazi
Délégué recherche R&D, SDR
* Methanol to Olefins / Olefins Cracking Process
le CO 2 en méthanol. À partir du méthanol,
nous pouvons ensuite utiliser un procédé
de conversion de type MTO/OCP*. Le
principal challenge réside donc dans la
première étape de conversion, du CO 2 vers
le méthanol. Nous travaillons actuellement
à développer catalyseur et procédé
catalytique qui permettent de produire
cette réaction avec de l hydrogène à faible
empreinte carbone. L objectif : être en
mesure de proposer à l un de nos sites
industriels du RC un projet de petite unité de
démonstration d ici 4 à 5 ans.
Ensuite, il y a la voie directe , dite électro-
catalytique (activation du catalyseur
par du courant électrique) qui vise à
passer directement d une molécule de
CO 2 à une molécule d intérêt. C est une
voie totalement nouvelle, dans laquelle
aucun pilote industriel n existe ! Outre le
développement des électro-catalyseurs
(une discipline en croissance), la R&D
doit répondre au challenge suivant : pour
regonfler la molécule de CO 2 , on l injecte,
avec un catalyseur, dans un réacteur doté
d électrodes fixes. Il faut donc penser toute
la circulation des fluides et la cinétique
de réaction à l intérieur du réacteur en
optimisant l interaction catalyseur/
CO 2 /électrodes. Nous avons lancé des
partenariats académiques pour nous aider à
travailler sur ces aspects techniques et nous
espérons avoir suffisamment progressé dans
la partie recherche pour être en mesure de
penser à l industrialisation d un réacteur d ici
moins de 10 ans. »
Points of View