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DATA

Un gisement d innovation

À l occasion d un projet de contrôle avancé sur la colonne de distillation (DEE)

de Donges, Sébastien Gourvénec, Spectroscopy & Modeling team leader à

la direction Industrielle, a proposé de mettre la Data Science à contribution

pour prévenir le problème récurrent de son engorgement. Une excellente

opportunité pour tester la Data Science. Bonne nouvelle : ça fonctionne !

C haque jour, plus d un

millier de capteurs

enregistrent, à

l intérieur et à

l extérieur de la

colonne de distillation de la

raffinerie de Donges, des millions

de données de tous ordres :

températures, pressions, débits,

ouvertures de vannes, etc. Ces

colonnes de distillation, qui

permettent la séparation de

différents composants à partir

d un mélange d hydrocarbures,

sont régulièrement impactées par

un phénomène d engorgement.

Lorsque le reflux est trop grand,

le liquide ne peut plus descendre

dans la colonne. C est un problème

fréquent, dont la cause peut

être variée : débit de vapeur trop

élevé, chauffage trop intense,

etc. Il se traduit par une perte de

performance, et une diminution

de la qualité de séparation. Ainsi à

Donges, la colonne de distillation

atmosphérique (DEE) connaît

plusieurs engorgements par mois.

À chaque fois, huit heures en

moyenne sont nécessaires pour la

stabiliser à nouveau.

C est à partir de ce double constat

une collecte de données

extrêmement riche et des

problèmes récurrents, mais que

l on pourrait mieux anticiper que

Sébastien Gourvénec a proposé un

projet pilote. « Je cherchais depuis

longtemps un sujet qui permettrait

de montrer qu on peut s appuyer

sur les data et sur la Data Science

pour anticiper des incidents qui

pénalisent la performance. »

La première phase a consisté

à utiliser 12 mois de données

collectées par les capteurs entre

décembre 2016 et novembre

2017, pour apprendre à calculer le

risque estimé avec pour objectif de

développer un prédicteur capable

de prévenir l opérateur quand un

engorgement est imminent et lui

permettre d agir pour, si possible,

éviter le phénomène.

« Mais nous avons aussi introduit

dans ce modèle des variables,

parfois calculées, directement

issues de la connaissance qu ont

les experts du process, une

connaissance qui est très

précieuse. » À partir de cet

ensemble mixte de données, le

modèle a été mis à l épreuve pour

prédire les engorgements sur deux

mois, entre décembre 2017 et

janvier 2018. Le modèle s est révélé

beaucoup plus performant que les

méthodes classiques, basées sur

des équations théoriques ou des

analyses de température

et de pression différentielle.

Là où ces méthodes ont su prédire

52 % des engorgements sur la

période, l approche data en a

prédit 89 % et a produit moitié

moins de fausses détections

que les méthodes classiques.

« Pour l instant, c est un pilote, une

expérience off line, notre système

d information n étant pas encore

capable d accueillir ce type de

modèle. Mais l approche a fait ses

preuves. Le déploiement industriel

est en cours et de réels progrès ont

été obtenus sur la fin de 2018. »

VOUS AVEZ DIT DATA SCIENCE ?

La Data Science consiste à modéliser le comportement de données. Objectifs : les trier, apprendre à les prédire, en extraire des connaissances d ensembles. Généralement, le processus est séparé en deux phases : l apprentissage et le test. Lors de la phase d apprentissage, un modèle des données étiquetées est calculé et optimisé. La phase de test consiste ensuite à prédire l étiquette d une nouvelle donnée, en utilisant le modèle préalablement appris.

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